NICOLAS VINIT
NICOLAS VINIT

Interne des Hôpitaux de Paris en chirurgie viscérale et urologique pédiatrique

Projet de recherche réalisé dans le cadre d’un master 2 encadré par le Pr Yves Ville, chef de service de la maternité de Necker et directeur du laboratoire EA 7328, et du Dr Thomas Blanc, urologue pédiatre à Necker.

Ce projet est réalisé en étroite collaboration avec le Pr Jérôme Szewczyk, enseignant-chercheur à l’Institut des Systèmes Intelligents et de Robotique (ISIR) et Jacques Battaglia, étudiant en master 2 en ingénierie de la santé.

Ce projet de recherche a fait l’objet d’une bourse accordée par l’Université Paris Descartes au titre de l’année recherche.

DÉVELOPPEMENT D’UN NOUVEAU CYSTOSCOPE ADAPTÉ À L’ANATOMIE VÉSICALE DU FŒTUS POUR LE TRAITEMENT PRÉNATAL DES OBSTACLES SOUS-VÉSICAUX.

La cystoscopie fœtale a été développée pour lever in utero les obstacles sous-vésicaux à l’écoulement des urines fœtales (LUTO = Lower Urinary Tract Obstruction) avec un risque d’évolution vers l’insuffisance rénale et un risque d’hypoplasie pulmonaire1. Cette technique chirurgicale reste limitée par des contraintes liées à l’inadéquation du matériel et de la forme de la vessie fœtale, responsables d’échecs et de morbidité surajoutée2–4. Ce projet a pour objectif la mise au point d’un cystoscope adapté au fœtus, en se basant sur l’étude anatomique de la vessie de fœtus ayant un obstacle sous-vésical.

La cystoscopie fœtale, décrite pour la première fois en 1995 par l’équipe de Quintero5, est utilisée dans le traitement prénatal des obstacles sous-vésicaux ou LUTO (Lower Urinary Tract Obstruction). Elle consiste à introduire un fœtoscope dans la vessie du fœtus pour permettre :

  • Le diagnostic étiologique de l’obstruction dans la mesure où il n’existe aucun signe échographique spécifique d’une étiologie lors du diagnostic prénatal de LUTO6
  • Un traitement ad hoc.

Comparée à la mise en place d’un drain vésico-amniotique qui court-circuite l’obstacle, la levée de l’obstruction sous-vésicale en cystoscopie fœtale doit permettre à la vessie de rétablir un cycle réplétion-vidange physiologique.

Bien que limitées par des biais méthodologiques, les études évaluant l’effet de cette technique ont montré une amélioration de la survie périnatale, mais les effets sur l’évolution de la fonction rénale à long terme ne sont pas encore démontrés7.

La principale limite de la cystoscopie fœtale est liée aux difficultés techniques rencontrées par l’opérateur8. Celles-ci sont liées à l’utilisation d’un matériel inadapté qui ne permet pas toujours de visualiser l’urètre postérieur et l’éventuel obstacle compte-tenu de l’angulation entre le col vésical et l’urètre postérieur.

Ce projet collaboratif associant cliniciens, ingénieurs-chercheurs et industriels a pour but de mettre au point un instrument adapté à la forme de la vessie fœtale.

Une étude anatomique de la vessie a été réalisée à partir d’IRM de fœtus sains à un terme moyen de 29,5 SA [21,5-35] et de fœtus avec LUTO à un terme moyen de 28,1 SA [17,2-35]9. Les analyses biométriques ont permis de montrer qu’une angulation distale de 60° était nécessaire pour que le cystoscope puisse visualiser l’urètre postérieur et un éventuel obstacle (Figure 2). Ces résultats nous ont ainsi permis de proposer un cahier des charges détaillé pour le nouveau cystoscope fœtal dont le prototype est actuellement en construction.

Figure 1 : Analyse biométrique de la vessie dans le plan sagittal à partir d’IRM de foetus avec LUTO (A, B) et de foetus sains (C, D). Le cordon ombilical (#) et la rachis (*) définissent le plan sagittal.
Les IRM ont été réalisées par le service de radiologie pédiatrique de Necker (Dr David Grévent, Dr Anne-Élodie Millischer-Bellaiche, Dr Pascale Sonigo).

Figure 2 : Schéma représentant l’angulation nécessaire du cystoscope fœtal adapté comparée à l’angulation du fœtoscope incurvé actuellement utilisé